Le contexte : une guerre des carrés bien réelle

On est en pleine vague Gérald Genta. Boîtiers carrés, cadrans texturés, vis saillantes, bracelets intégrés — tout ce que les années 70 avaient de plus iconique revient en force en 2024-2025. La Nautilus de Patek, la Royal Oak d'Audemars Piguet, la Cubitus récemment ressortie... tout le monde surfe dessus. Mido a positionné sa Multi TV Chronographe autour de 2500 €, et ça marche. Maintenant, Herbelin lâche sa Cap Camarat Square Chrono dans un nouveau coloris PVD or jaune 1N — comprenez un placage doré — à 1000 €. Soit 1500 € de moins que la Mido.

Au programme : boîtier carré 40,5 × 40,5 mm en acier, étanche à 100 m, verre saphir, chronographe tricompax — c'est-à-dire trois compteurs distincts : un compteur 30 minutes à 9h, un compteur 1/10 de secondes à midi, et la petite seconde à 6h, le tout complété d'un guichet de date. Sur le cadran, une minuterie et des index biseautés. Les aiguilles sont partiellement luminescentes. Et pour le bracelet, deux options : acier PVD assorti ou caoutchouc.

Le mouvement : quartz, et alors ?

Le moteur, c'est un calibre quartz Ronda — suisse, fiable, et avec une autonomie annoncée de 54 mois. Soit plus de quatre ans sans changer la pile. Tu poses la montre, tu l'oublies, elle tourne.

Ici j'entends déjà certains faire la moue. Quartz contre mécanique, c'est souvent le premier argument sorti pour disqualifier une montre. Mais soyons clairs : on ne compare pas un chronographe quartz et un chronographe mécanique sur le même terrain. Ce n'est pas le même objet, pas le même usage, pas le même prix. La Mido Multi TV Chrono embarque un mouvement mécanique à remontage automatique, et c'est une vraie différence de proposition — mais aussi de prix. Ronda, dans le registre quartz, c'est le standard qui fait le job, fiable et éprouvé.

Tu ne payes plus la fonction, tu payes le statut.

À 1000 €, tu payes quand même un vrai chronographe suisse dans un boîtier carré avec bracelet intégré. C'est pas rien.

Le design : inspiration assumée ou copie éhontée ?

Soyons honnêtes : les deux montres se ressemblent. Boîtier carré, cadran texturé avec des lignes, bracelet intégré, finitions bicolores satiné/poli... Herbelin ne s'en cache pas vraiment. Et le fait de sortir une version dorée juste après que Mido ait exploré la même direction sur sa Multi TV Big Date, ça ne tient pas vraiment du hasard.

Mais ça ne veut pas dire que Herbelin a copié Mido. Les deux s'inspirent du même ADN : les créations de Gérald Genta des années 70. C'est exactement ce qu'on avait vu avec la Tissot PRX et la Citizen Tsuyosa — même vague, même style, même moment, prix différents. La Tsuyosa avait même suivi Tissot sur la version dorée dans la foulée. Aujourd'hui, Herbelin fait pareil avec Mido.

Est-ce que c'est gênant ? Non, franchement. C'est la guerre des tranchées dans le mid-range horloger, et c'est le consommateur qui gagne à chaque fois.

Ce qui me frappe par contre, c'est que niveau finitions, Mido semble un cran au-dessus. Les photos et la réputation de la maison le confirment. À 2500 €, tu obtiens un niveau de polissage et de soin des détails que Herbelin ne peut probablement pas égaler à 1000 €. C'est logique, c'est normal, et ce serait malhonnête de prétendre le contraire.

Ce qui est vraiment intéressant dans cette sortie

Herbelin, c'est une marque française — basée à Charquemont dans le Doubs, en plein Jura — qui se positionne sur un segment délicat : pas assez cher pour le luxe, pas assez cheap pour le grand public. Et là, avec cette Cap Camarat Square Chrono, ils font quelque chose d'intelligent : ils prennent les codes visuels qui marchent, un mouvement suisse fiable, et ils placent le tout à 1000 €.

Pour ce budget, tu trouves difficilement un chronographe carré, suisse, avec bracelet intégré et verre saphir. C'est un créneau quasi vide. Herbelin l'occupe.

La version dorée en particulier va plaire à ceux qui veulent l'esthétique « années 70 champagne » sans vendre un rein. C'est exactement le positionnement qu'on attendait de quelqu'un sur ce segment.

Les points forts : - Mouvement quartz Ronda suisse, 54 mois d'autonomie - Boîtier carré 40,5 mm, étanche 100 m, verre saphir - Bracelet intégré, coloris PVD assorti - Prix : 1000 €, soit 1500 € de moins que la Mido équivalente - Chronographe tricompax complet avec date

Les points faibles : - Quartz vs mécanique : pas la même expérience - Finitions probablement en dessous de la Mido à 2500 € - Le PVD : durabilité à surveiller sur le long terme, surtout sur un bracelet intégré qui prend des chocs - On n'a pas encore eu de retours terrain sur la qualité de fabrication de cette version

Verdict

À SURVEILLER.

Herbelin ne révolutionne rien, mais elle occupe intelligemment un créneau que personne d'autre ne couvrait vraiment à ce prix. Un chronographe suisse carré à bracelet intégré pour 1000 €, c'est une proposition sérieuse. Le quartz Ronda n'a pas à rougir, et l'esthétique répond clairement à une demande réelle.

Cela dit, avant de foncer, j'attendrais des retours concrets sur la qualité des finitions et la durabilité du PVD. Et si tu peux te permettre de monter à 2500 €, la Mido Multi TV Chrono reste probablement un niveau au-dessus en termes de construction et de mouvement mécanique. Mais si ton budget s'arrête à 1000 €, Herbelin vient de mettre une option sérieuse sur la table.

Dis-moi en commentaire ce que tu en penses — et si tu lui préfères la Mido, je suis curieux d'entendre pourquoi. C'était Bouton Rouge, fin de transmission.