Timex ? Vraiment ?
Oui, Timex. La marque qu'on associe plutôt aux bracelets en nylon de papa et aux montres soldées en grande surface. Sauf que depuis quelques années, Timex a décidé de changer de registre — et leur stratégie ressemble comme deux gouttes d'eau à ce que Casio a fait avec ses Edifice et ses G-Shock inspirées des montres de sport premium : piquer le style des grandes maisons, garder des prix accessibles, et laisser le client faire le calcul.
Résultat : une gamme qui tape Rolex, Tudor, IWC et Patek Philippe dans leurs designs les plus iconiques. On y va crescendo, du plus abordable à la bombe finale.
La plongeuse : Timex Deep Water Reef vs Seiko 62MAS
Le passage obligé : la plongeuse. La Seiko 62MAS de 1965, première plongeuse japonaise, est une icône absolue. Une réédition fidèle aujourd'hui ? Plusieurs milliers d'euros, et encore, si tu trouves.
Timex répond avec la Deep Water Reef : 41 mm, boîtier titane, mouvement automatique, verre saphir (pas du hardlex), 200 m d'étanchéité et une luminescence sérieuse. Les cornes longues du boîtier rappellent vraiment la silhouette de la 62MAS. Le prix : 659 euros. C'est pas cadeau, mais c'est deux à trois fois moins cher qu'une réédition Seiko originale en bon état, avec un niveau de finition qui tient la route.
Est-ce que Timex nous aurait pas fait la 62MAS des gens ?
La Day-Date à 170 € : ou comment jouer au patron
La Rolex Day-Date, c'est la montre des présidents. Lunette cannelée, affichage complet du jour en toutes lettres et en chiffres, or massif, 35 000 balles minimum. Le genre de montre que ton patron de boîte porte pour te rappeler qui commande.
Timex sort la Legacy Day-Date à 170 euros. Disponible en 41 mm ou 36 mm, avec ou sans lunette cannelée, bracelet acier ou cuir (et dans ce cas tu passes sous les 150 €). C'est évidemment du quartz, pas de l'or. Mais le look, la complication jour/date, les proportions — à deux mètres de distance, ça cause.
Ce n'est pas une Rolex. Personne ne dit que c'est une Rolex. Mais pour quelqu'un qui veut le style sans hypothéquer son appartement, c'est une alternative qui fait le job.
La GMT Tudor en hommage : le plot twist
Là on monte d'un cran. La Tudor Black Bay Pro, GMT de l'explorateur moderne, aiguille GMT tricolore très caractéristique, autour de 4 000 euros. Timex sort la Waterbury Heritage GMT automatique à 519 euros — et c'est leur premier GMT automatique dans la gamme Waterbury, ce qui est une vraie première pour eux.
Le mouvement, c'est un Seiko NH34A — le GMT mécanique de Seiko — décoré spécialement pour l'occasion. Petite précision importante : le NH34, c'est un mouvement acceptable, mais qui peut montrer quelques caprices sur la fiabilité. À ce prix, c'est tolérable, mais note-le.
La lunette Pepsi, les chiffres GMT, la boucle papillon, les pompes rapides pour avancer rapidement la date — l'ensemble est cohérent. Seul vrai bémol : seulement 50 m d'étanchéité. Pour une montre à inspiration sportive, c'est un peu juste.
Mais honnêtement ? Pour ceux qui refusent d'acheter un hommage chinois par principe, Timex vient de leur offrir une porte de sortie élégante.
La Q Timex Marbella : Gérald Genta à 219 €
Gérald Genta, c'est le génie qui a dessiné la Royal Oak et la Nautilus. L'IWC Ingénieur moderne, dans ce style bracelet intégré et lunette ronde avec fausses vis, tourne autour de 13 000 euros.
Timex propose la Q Timex Marbella à 219 euros : 40,5 mm ou 34 mm, deux coloris, bracelet intégré, fausses vis dans la lunette — l'inspiration IWC Ingénieur est évidente. On sent aussi un clin d'œil à la Nautilus ou l'Aquanaut avec les lignes horizontales sur le cadran.
C'est du quartz. Les brossages et polissages sur l'ensemble du boîtier sont soignés pour le prix. La version bleue à 210 euros était sold out au moment de la vidéo — ça donne une idée de l'accueil qu'elle a reçu.
La phase de lune avec Noah : une édition limitée à surveiller
Timex s'est associé à la marque new-yorkaise Noah pour une phase de lune carrée arrondie, très plate, qui lorgne clairement vers la Raymond Weil Toccata. Complication lune, date, bracelet cuir avec un beau grain — et à sa sortie, tout ça pour 228 dollars.
Problème : c'est une édition limitée, difficile à trouver neuve. Quelques exemplaires circulent d'occasion. L'étanchéité est de 3 ATM — ne la mets pas sous l'eau. Mais si tu cherches le style dress watch avec une vraie complication à petit prix, garde un œil dessus.
Le chrono Daytona : méca-quartz et inspirations assumées
La Rolex Daytona, le chrono le plus convoité de la planète. Cadran bleu ciel, poussoirs vissés, le mythe Paul Newman — et plusieurs années d'attente pour en avoir une. Timex sort la Waterbury Heritage Chronographe à 279 euros, 39 mm, trois coloris.
La mauvaise nouvelle d'abord : c'est un méca-quartz, pas un vrai chrono mécanique. Le méca-quartz, ça veut dire que la mesure du temps est gérée par un moteur quartz, mais avec des aiguilles entraînées mécaniquement — fiable, précis, mais sans la noblesse d'un vrai calibre chronographe. À ce prix, c'est honnête de le dire clairement.
La bonne nouvelle : les poussoirs vissés, les coloris — dont certains sold out qui rappellent aussi le Tudor Chrono Flamingo — et l'ensemble à 279 euros, c'est un hommage qui assume complètement ses références.
La bombe : la I-Line automatique à 369 € — hommage Patek
On y arrive. La pépite finale. Patek Philippe Nautilus, Aquanaut, Cubitus — le sport chic ultime, de 30 000 à 60 000 euros selon le modèle. Le style Gérald Genta poussé à son maximum.
Timex propose la I-Line automatique à 369 euros : 38 mm, acier inoxydable brossé, bracelet intégré, lignes horizontales sur le cadran, disponible en biton, monochrome ou bleu. Le mouvement ? Un Miyota 8215, automatique d'entrée de gamme — cadencé à 21 600 alternances par heure, soit 3 Hz, avec guichet de date. C'est pas le mouvement le plus noble du marché, mais il est fiable, bien diffusé, et facile à faire réviser.
Le vrai seul bémol : 5 ATM d'étanchéité. Sur une montre au style sport chic, c'est un peu léger. Ne la emmène pas à la piscine.
Mais franchement — quand tu regardes la montre, tu vois la Nautilus. Pas une copie, un hommage. Et à 369 euros avec un automatique Miyota et un bracelet intégré bien travaillé, c'est une vraie proposition.
C'est celle-là qui me donne envie de sortir la carte bleue pour voir ce que ça donne en vrai.
Ce que Timex est en train de faire
Timex joue exactement le même jeu que Casio avec les Edifice : identifier les codes visuels les plus désirables du luxe, les reproduire avec du soin, et les proposer à des gens qui n'ont pas 30 000 euros à poser sur un bracelet. Ce n'est pas du copié-collé — c'est de l'inspiration assumée, et c'est légal.
La gamme reste quartz à majorité, avec quelques automatiques bien placés. Les étanchéités sont souvent modestes — plan sur les usages quotidiens, pas sur la plongée. Et les prix ont tendance à grimper dès qu'on bascule sur du mécanique.
Mais le rapport finition/prix est souvent bluffant, et surtout : c'est européen dans l'esprit, sans le surcoût du prestige.
VERDICT : À SURVEILLER — voire À ACHETER selon le modèle. La I-Line automatique et la Waterbury GMT sont les deux pièces qui méritent le plus l'attention. Le reste de la gamme est solide pour qui cherche le style sans le prix. Dis-moi en commentaire laquelle tu préfères — et si l'hommage Timex te parle plus ou moins qu'un hommage chinois à budget équivalent.